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Gestion Parasitaire Montérégie

Fourmis charpentières : trouver le nid avant qu’il gagne la charpente

Fourmi charpentière noire de l’Est vue de profil, thorax uniformément arrondi
Photo : Ryan Hodnett, CC BY-SA 4.0

Une fourmi charpentière ne mange pas le bois : elle le creuse pour y loger sa colonie, de préférence là où il est humide. La trouver dans la maison au printemps signale donc presque toujours deux problèmes à la fois, un nid et une source d’humidité. Sur la Rive-Sud, on la rencontre surtout sur les terrains boisés de Saint-Bruno-de-Montarville et de Châteauguay, et dans les vieilles charpentes de Boucherville, de Saint-Lambert ou du Vieux-La Prairie.

Reconnaître la fourmi charpentière

La fourmi charpentière noire de l’Est est la plus grosse fourmi qu’on trouve dans les maisons de la région : de 6 à 13 mm pour les ouvrières, davantage pour les reines. Elle est noire, parfois légèrement rougeâtre sur le thorax, dont le dessus forme une courbe régulière vue de profil.

Elle est souvent confondue avec :

  • le termite, à la taille épaisse, aux antennes droites et aux quatre ailes de même longueur. Ses galeries contiennent de la boue;
  • la fourmi de trottoir, qui ne dépasse pas 3 mm et fait de petits monticules de sable près des dalles;
  • la fourmi pharaon, minuscule et jaunâtre, surtout dans les immeubles chauffés.

Signes d’une colonie dans la structure

Coupe de maison montrant où les fourmis charpentières creusent, illustration générée par IA

  • grosses fourmis noires actives à l’intérieur dès la fin de l’hiver, avant le dégel;
  • fourmis ailées qui sortent d’un mur, d’une plinthe ou d’un cadre de fenêtre au printemps;
  • petits tas de sciure fine, mêlée de morceaux d’insectes, sous une fenêtre, une poutre ou dans le sous-sol;
  • léger bruissement dans un mur, la nuit, quand la maison est silencieuse;
  • bois creusé de galeries lisses et propres.

Des fourmis ailées à l’intérieur au printemps sont le signe le plus fiable : une colonie ne produit des reproducteurs ailés qu’après plusieurs années d’installation.

Pourquoi agir

Les dommages avancent lentement, mais ils s’additionnent. Une colonie installée depuis plusieurs années dans un seuil, une solive de galerie ou un cadre de fenêtre peut creuser le bois bien au-delà de ce qui est visible. Et la colonie ne s’installe pas au hasard : elle choisit un bois déjà humidifié par une fuite, une gouttière bouchée, un solin mal posé ou de la condensation. Traiter les fourmis sans corriger cette humidité ramène le problème.

Le protocole de traitement

  1. Inspection. Repérage de la sciure, écoute des zones suspectes, examen des cadres de fenêtres, des seuils, des galeries et du terrain : souches, arbres morts, bois de chauffage, branches qui touchent le toit.
  2. Localisation du nid. Le nid principal est souvent dehors, dans une souche ou un arbre, et relié à un ou plusieurs nids satellites dans la maison. Suivre les fourmis au crépuscule, quand elles sont les plus actives, aide à trouver les passages.
  3. Plan. Selon l’emplacement : traitement ciblé des cavités, appâts, traitement du périmètre extérieur, ou une combinaison.
  4. Intervention. Les insecticides en poudre ou en mousse sont injectés dans les cavités qui abritent le nid, par de petits trous percés dans le bois ou le gypse, et le périmètre est traité aux points de passage.
  5. Suivi. Une visite vérifie que l’activité a cessé et qu’aucun nid satellite n’a été oublié.
  6. Correction de l’humidité. Gouttières, solins, fuites et ventilation : c’est la partie qui empêche le retour.

Ce que ça coûte sur la Rive-Sud

Pour une colonie accessible, les fourchettes publiées par un exterminateur qui dessert la Rive-Sud vont de 300 à 800 $. Quand le nid est dans un mur ou la charpente et qu’une inspection structurelle est nécessaire, les prix publiés pour Montréal vont de 422 à 1272 $. Le détail des sources est sur la page des prix d’un exterminateur.

Le certificat CD5 et les traitements dans les murs

Un traitement injecté dans les cavités d’un mur est une application de pesticide dans une zone habitée. Au Québec, la personne qui l’exécute doit détenir un certificat CD5 du ministère de l’Environnement. Demandez à le voir, demandez quel produit est utilisé et où les trous seront percés, et faites préciser dans la soumission combien de temps attendre avant de réoccuper la pièce.

Prévenir les fourmis charpentières

  • Éloignez le bois de chauffage de la maison et ne l’entreposez jamais dans le garage attenant ou le sous-sol.
  • Enlevez les souches et les arbres morts près du bâtiment, ou faites-les inspecter.
  • Élaguez les branches qui touchent la toiture : ce sont des ponts directs vers l’entretoit.
  • Réparez les fuites et nettoyez les gouttières chaque automne.
  • Évitez le contact bois-sol : galeries, clôtures et cabanons posés directement sur la terre humide.
  • Surveillez les fourmis ailées en avril et en mai, quand un nid établi est le plus facile à confirmer.

Des fourmis dans un restaurant, une résidence pour aînés ou un entrepôt demandent une approche différente : voyez la section gestion parasitaire commerciale. Pour le déroulement complet d’une intervention, consultez la page du processus.

Questions fréquentes

Les fourmis charpentières mangent-elles le bois ?

Non. Elles le creusent pour y installer leur nid et rejettent la sciure à l’extérieur des galeries. Elles se nourrissent de miellat, d’insectes et de sucres. C’est pour ça qu’on trouve de la sciure sous un nid actif, et pas un bois simplement « mangé ».

Comment faire la différence entre une fourmi charpentière et un termite ?

La fourmi a une taille très étranglée entre le thorax et l’abdomen, des antennes coudées et, chez les individus ailés, des ailes avant plus longues que les ailes arrière. Le termite a une taille épaisse, des antennes droites et quatre ailes de même longueur. Ses galeries contiennent de la boue, celles de la fourmi sont propres.

J’en vois dans la maison en mars. Qu’est-ce que ça veut dire ?

Des fourmis charpentières actives à l’intérieur avant que le terrain dégèle indiquent presque toujours un nid, principal ou satellite, dans la structure chauffée de la maison. Au printemps et en été, elles peuvent aussi venir de l’extérieur pour chercher de la nourriture.

Est-ce que ça affaiblit vraiment la maison ?

Lentement, mais de façon cumulative. Une colonie installée depuis plusieurs années dans une solive, un seuil ou un cadre de fenêtre humide peut creuser des galeries importantes. Surtout, sa présence signale presque toujours un problème d’humidité à corriger.

Les appâts vendus en quincaillerie suffisent-ils ?

Ils réduisent parfois les fourmis qui circulent, mais atteignent rarement une colonie installée dans un mur, et encore moins un nid satellite. Sans localiser le nid ni corriger l’humidité, la colonie reprend le printemps suivant.

Mordent-elles ?

Elles peuvent pincer avec leurs mandibules quand on les manipule, sans danger réel. Elles ne piquent pas et ne transmettent pas de maladie.

Combien de temps faut-il pour s’en débarrasser ?

L’activité baisse en général dans les jours ou les semaines qui suivent un traitement bien placé. Une visite de suivi est souvent prévue, parce qu’un nid satellite oublié peut maintenir de l’activité.

Pourquoi les terrains boisés ont-ils plus de fourmis charpentières ?

Parce que la colonie principale s’installe souvent dans une souche, un arbre mort ou un tas de bois humide, puis crée des nids satellites dans les bâtiments proches. Les grands terrains au pied du mont Saint-Bruno ou le long de la rivière Châteauguay combinent exactement ces conditions.

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