Coccinelles asiatiques : pourquoi elles choisissent votre façade

Chaque automne, dès les premières nuits froides, la coccinelle asiatique quitte les champs, les vergers et les boisés pour chercher un endroit où passer l’hiver. Elle choisit les façades claires et ensoleillées qui ressortent dans le paysage, s’y regroupe par centaines, puis se glisse dans la moindre fente. Sur la Rive-Sud, les maisons en bordure de terres cultivées sont les plus touchées : secteurs Saint-Luc et L’Acadie à Saint-Jean-sur-Richelieu, Sainte-Julie, où des terres agricoles subsistent entre les quartiers, et Varennes, dont la plus grande partie du territoire est agricole.
Reconnaître la coccinelle asiatique
Elle mesure de 5 à 8 mm. Sa couleur varie beaucoup, du jaune orangé au rouge, avec de 0 à 19 points noirs. Le critère le plus fiable est derrière la tête : une zone blanche portant le plus souvent une marque noire en forme de M ou de W.
À ne pas confondre avec :
- les coccinelles indigènes, sans marque en M, souvent plus rondes et plus petites, qui n’envahissent pas les maisons;
- les chrysomèles, plus allongées, sans motif blanc derrière la tête.
Signes d’un problème
- dizaines ou centaines de coccinelles sur une façade ensoleillée en septembre ou en octobre;
- coccinelles regroupées dans les coins de fenêtres, les soffites et l’entretoit;
- coccinelles qui réapparaissent à l’intérieur lors des redoux d’hiver et au printemps;
- taches jaunâtres et odeur désagréable quand on les dérange.
Ce dernier signe est une défense : dérangée, la coccinelle libère un liquide jaunâtre par les articulations des pattes.
Pourquoi agir, et jusqu’où
La coccinelle asiatique ne ronge rien, ne se reproduit pas dans la maison et ne transmet pas de maladie. Le problème est ailleurs :
- les taches sur les murs, les rideaux et les tissus;
- l’odeur dans les pièces où elles s’accumulent;
- les allergies, parce que la présence d’un grand nombre de coccinelles à l’intérieur peut provoquer des réactions chez certaines personnes;
- le retour chaque année, parce qu’une maison qui les a accueillies est souvent choisie de nouveau.
Autrement dit, c’est surtout un problème d’étanchéité, bien plus qu’un problème de produit.
Le protocole de traitement
- Inspection de l’enveloppe. Cadres de fenêtres et de portes, soffites, jonction du toit et des murs, évents, boîtes électriques extérieures, passages de câbles.
- Calfeutrage. Scellant dans les fentes, moustiquaires réparées, grilles fines sur les évents, coupe-froid. C’est l’étape qui compte le plus.
- Traitement extérieur préventif, seulement s’il est fait au bon moment : à la fin de l’été, juste avant le regroupement d’automne, sur les façades les plus exposées.
- À l’intérieur, aspiration avec un sac jetable et, au besoin, pièges lumineux dans l’entretoit. Un insecticide appliqué dans la maison n’est presque jamais justifié.
- Suivi au printemps, quand les coccinelles cherchent à ressortir, pour repérer les points d’entrée oubliés.
Ce que ça coûte
Aucune fourchette de prix propre aux coccinelles asiatiques n’est publiée pour la région. Le coût dépend surtout de la surface des façades exposées au sud et à l’ouest, du calfeutrage à faire et de l’accès en hauteur. Une soumission après inspection reste le seul chiffre fiable; les autres fourchettes sont sur la page des coûts d’un traitement.
Le certificat CD5 et le traitement de façade
Un traitement extérieur de façade est une application de pesticide près des fenêtres et des entrées d’air. Au Québec, la personne qui l’exécute doit détenir un certificat CD5 du ministère de l’Environnement. Demandez à le voir, et demandez aussi pourquoi le traitement est proposé à ce moment précis : fait en octobre, alors que les coccinelles sont déjà dans les murs, il sert rarement à quelque chose. Plusieurs municipalités encadrent aussi l’usage des pesticides à l’extérieur : les questions fréquentes expliquent comment vérifier le règlement de votre ville.
Prévenir l’invasion de l’automne suivant

- Calfeutrez avant la fin de septembre, en priorité les façades sud et ouest.
- Réparez les moustiquaires et installez des grilles fines sur les évents et les sorties de sécheuse.
- Scellez les passages de câbles et les boîtes électriques extérieures.
- Aspirez plutôt qu’écraser celles qui entrent.
- Notez les endroits où elles se regroupent : ce sont vos points d’entrée pour l’an prochain.
Les coccinelles arrivent souvent avec les mouches des greniers, qui cherchent elles aussi un abri d’automne, et au même moment que les souris qui quittent les champs : le même calfeutrage sert contre les trois. Le déroulement d’une intervention explique ce qu’une inspection de l’enveloppe doit couvrir. Pour savoir ce qui se passe dans votre ville, voyez les zones desservies.
Questions fréquentes
Les coccinelles asiatiques sont-elles dangereuses ?
Non. Elles peuvent pincer légèrement et, dérangées, elles libèrent un liquide jaunâtre qui tache et sent mauvais. Chez certaines personnes, leur présence en grand nombre à l’intérieur peut provoquer des réactions allergiques. Elles ne causent pas de dommages à la structure.
Pourquoi ma maison et pas celle du voisin ?
Elles choisissent les façades claires et ensoleillées, surtout exposées au sud et à l’ouest, qui ressortent dans le paysage. Une maison en bordure d’un champ, d’un verger ou d’un boisé est plus exposée qu’une maison entourée d’autres bâtiments.
Se reproduisent-elles dans la maison ?
Non. Elles hivernent dans les murs et l’entretoit sans se reproduire, puis cherchent à ressortir au printemps. Celles qu’on voit en hiver dans la maison sont des individus entrés à l’automne et réveillés par la chaleur.
Faut-il les écraser ?
Évitez-le : elles tachent les murs et les tissus et laissent une odeur. Utilisez plutôt un aspirateur avec un sac jetable, ou un bas de nylon glissé dans le tube pour les recueillir, puis relâchez-les dehors ou jetez le sac.
Quand faut-il faire un traitement extérieur ?
Un traitement extérieur préventif n’a d’effet que s’il est fait juste avant le regroupement d’automne, en général à la fin de l’été. Une fois les coccinelles dans les murs, le calfeutrage et l’aspirateur sont plus utiles qu’un produit.
Comment les distinguer d’une coccinelle indigène ?
Regardez derrière la tête : la coccinelle asiatique porte le plus souvent une marque noire en forme de M ou de W sur une zone blanche. Sa couleur varie beaucoup, du jaune orangé au rouge, avec ou sans points.
Pourquoi y en a-t-il autant en Amérique du Nord ?
L’espèce a été introduite en Amérique du Nord pour lutter contre les pucerons dans les cultures. Elle s’est ensuite répandue largement, et son habitude de passer l’hiver en groupe dans les bâtiments en a fait une nuisance d’automne.
Les pièges lumineux vendus en magasin fonctionnent-ils ?
Ils attrapent une partie des coccinelles qui circulent dans l’entretoit ou les pièces sombres, et peuvent aider en complément. Ils ne remplacent pas le calfeutrage, qui empêche l’entrée.
Où ce ravageur est le plus fréquent
Villes du territoire où ce ravageur exerce la pression la plus forte, d’après le bâti et l’environnement de chacune.
Pression élevée
La suite
Ravageurs associés
Mis à jour le